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Indice UV : comprendre l'échelle et s'en servir

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Indice UV : comprendre l'échelle et s'en servir

Exprimé par un nombre qui part de zéro, l’indice UV mesure l’intensité du rayonnement ultraviolet solaire au sol et le potentiel de lésion qu’il représente pour la peau et les yeux. L’Organisation mondiale de la santé recommande des mesures de protection dès la valeur 3, puis d’éviter l’extérieur aux heures de midi dès 8.

Ce chiffre ne dit rien de la chaleur. Une matinée fraîche au pied d’un glacier peut exposer davantage qu’un après-midi étouffant en ville, parce que la température n’entre pas dans le calcul.

Ce que l’indice UV mesure, et ce qu’il laisse de côté

L’indice ne pèse pas tous les ultraviolets de la même façon : le calcul accorde davantage de poids aux longueurs d’onde qui provoquent le coup de soleil. Plus la valeur grimpe, plus le potentiel de lésion augmente, et plus le délai avant les premiers dégâts raccourcit.

Deux familles de rayons atteignent le sol. Les UVA pénètrent profondément dans la peau et participent à son vieillissement, quand les UVB s’arrêtent à l’épiderme et restent les principaux responsables des coups de soleil. L’ozone, la vapeur d’eau et les autres gaz de l’atmosphère arrêtent en chemin la totalité des UVC et la plus grande partie des UVB, si bien que le rayonnement ultraviolet reçu au sol se compose surtout d’UVA. Le découpage des bandes en nanomètres est détaillé dans notre article sur ce que recouvre l’expression masque UV visage.

Ce que la valeur affichée ne renseigne pas :

  • la température de l’air, sans rapport avec les ultraviolets ;
  • l’infrarouge, à l’origine de la sensation de chaleur sur la peau ;
  • le phototype : une peau claire qui bronze mal, sous des cheveux roux ou blonds, demande plus de vigilance à valeur égale ;
  • les sources artificielles, cabines de bronzage ou lampes de séchage des ongles.

Les UVB servent aussi en médecine, à dose mesurée et sous prescription, dans un cadre décrit par notre dossier sur la photothérapie du psoriasis par UVB. L’indice UV, lui, ne concerne que le soleil.

L’échelle de l’indice UV, palier par palier

La grille de protection diffusée par l’OMS en 2022 tient en trois paliers, chacun associé à une consigne courte :

  • de 0 à 2, l’extérieur se profite sans précaution particulière ;
  • de 3 à 7, l’ombre aux heures de midi, un vêtement couvrant, de la crème solaire et un chapeau ;
  • dès 8, mieux vaut rester à l’intérieur aux heures de midi, chercher l’ombre et ne jamais se passer de vêtement, de crème ni de chapeau.

Les mots changent selon l’émetteur, les chiffres non. L’Institut national du cancer qualifie de « très fort » un indice de 7 ou 8, niveau que l’Europe atteint généralement en été, et d’« extrême » une valeur qui dépasse 10, en haute montagne ou sous les tropiques. Bulletins et applications ajoutent souvent une couleur à chaque palier, pour une lecture d’un coup d’œil.

Indice 5 ou indice 7 : les deux valeurs relèvent du même palier de la grille internationale, celui où la protection devient nécessaire. La seconde laisse simplement moins de marge, puisque le délai avant les premiers dégâts raccourcit à mesure que la valeur monte.

Quant à l’indice UV maximal, l’échelle n’en prévoit pas : elle part de zéro et monte sans borne fixée. Les valeurs les plus hautes s’observent là où le soleil passe près de la verticale, en altitude et sous un air pauvre en ozone.

Ombre courte et nette d’une chaise longue en bois sur le sable à midi

Pourquoi l’indice UV change d’un lieu à l’autre

Plusieurs facteurs, recensés par l’OMS dans sa fiche sur le rayonnement ultraviolet, font monter ou baisser l’intensité au sol. Ils se combinent, d’où des écarts marqués entre deux lieux à la même heure.

L’heure et la saison

Plus le soleil est haut dans le ciel, plus l’indice grimpe. Le maximum de la journée se concentre sur les quatre heures qui entourent le midi solaire, précise l’organisation. Ce midi solaire ne coïncide pas avec midi à l’horloge : en été, l’heure légale le repousse en début d’après-midi dans l’Hexagone.

La saison agit de la même manière, car le soleil de juillet monte bien plus haut que celui de décembre. Un repère visuel en découle : une ombre courte signale un soleil haut, une ombre étirée un soleil bas.

Latitude, altitude et ozone

Plus un lieu se rapproche de l’équateur, plus le rayonnement reçu est fort. L’altitude pousse dans le même sens : l’air s’amincit, absorbe moins et laisse passer davantage d’ultraviolets. Une couche d’ozone moins épaisse produit un effet comparable, puisque ce gaz absorbe une partie des UV en chemin.

La latitude joue aussi à l’intérieur du territoire. Santé publique France signale des indices autour de 8 ou 9 au printemps et en été sur le littoral méditerranéen d’Occitanie, région au fort ensoleillement.

Nuages, neige, sable et eau

Le ciel sans nuage donne les valeurs les plus hautes, mais un ciel couvert n’exclut pas un indice UV élevé. La fraîcheur ressentie sous les nuages pousse aussi à relâcher la vigilance.

Les surfaces réfléchissantes renvoient une partie des rayons vers la peau, y compris vers les zones qu’un chapeau protège mal :

  • la neige fraîche, sur les pistes comme en randonnée hivernale ;
  • le sable clair des plages et des dunes ;
  • l’eau de mer, des lacs ou des piscines ;
  • plus largement, toute surface claire en plein soleil.

Une journée de ski de printemps sous ciel bleu cumule ces facteurs : soleil déjà haut, altitude, neige fraîche. Le chiffre annoncé pour la vallée reflète alors mal l’exposition sur les crêtes.

Montagne enneigée sous un ciel bleu intense, skis posés contre un chalet en bois

Où consulter l’indice UV du jour et comment le lire

L’indice accompagne les prévisions météo dans de nombreux pays, dans la presse, à la radio, à la télévision, sur les sites et dans les applications mobiles. En France, Santé publique France renvoie vers la carte des prévisions de Météo-France pour connaître l’index UV en temps réel.

La valeur affichée correspond le plus souvent au maximum attendu dans la journée, autour du midi solaire. Pour établir une prévision de l’indice, les services météo croisent la hauteur du soleil, calculable à l’avance, avec l’ozone et la nébulosité attendus, qui portent l’essentiel de l’incertitude. Certains services détaillent la courbe heure par heure.

Quelques réflexes pour lire l’indice du jour sans se tromper :

  • retenir le maximum annoncé plutôt que la valeur constatée au réveil ;
  • consulter la prévision du lieu réel de l’activité, pas celle du domicile ;
  • tenir compte de l’altitude et des surfaces du site, neige, sable ou eau ;
  • garder en tête qu’une valeur basse à huit heures remonte vite avant le midi solaire.

Quels gestes adopter selon l’indice UV

Santé publique France décline ses conseils de 2022 en trois niveaux, dès la valeur 3 :

  • entre 3 et 7, rechercher l’ombre entre midi et 16 heures et utiliser une crème solaire d’indice 30 au minimum ;
  • entre 8 et 10, éviter de s’exposer entre midi et 16 heures et passer à un indice 50 au minimum ;
  • à 11 et au-delà, exclure toute exposition entre midi et 16 heures, toujours avec un indice 50 au minimum.

Les mêmes recommandations citent les vêtements à manches longues, le chapeau à larges bords et les lunettes de soleil de catégorie 3. Elles rappellent aussi qu’un nourrisson de moins d’un an ne s’expose jamais directement au soleil.

L’Institut national du cancer hiérarchise les gestes : d’abord l’ombre, puis les vêtements couvrants, le chapeau et les lunettes à filtre anti-UV, la crème venant en complément. Il recommande un produit d’indice 50 contre les UVA et les UVB, renouvelé toutes les deux heures et après la baignade ou le sport, et précise que même cet indice ne filtre pas la totalité des UV. En été, l’institut situe les heures les plus intenses entre 12 heures et 16 heures en métropole, entre 10 heures et 14 heures en outre-mer.

Certains médicaments et cosmétiques rendent la peau plus réactive aux UV : à indice annoncé égal, elle réagit alors plus vite. Les familles concernées sont détaillées dans notre inventaire des médicaments qui sensibilisent à la lumière, et les huiles en cause dans notre article sur les huiles essentielles photosensibilisantes. En cas de doute sur un traitement en cours, la question se pose à un médecin ou à un pharmacien.

Terrasse de café en fin d’après-midi, ombres longues des chaises en rotin

Indice UV et indice de protection, deux chiffres à ne pas confondre

La question « quel indice UV choisir ? » mélange souvent deux échelles. L’indice UV décrit le ciel d’un jour donné, en un lieu donné. Sur un tube, l’indice de protection décrit un produit et renseigne d’abord sur sa capacité à limiter le coup de soleil, donc surtout sur les UVB.

Le premier se lit dans la météo, le second se choisit en fonction du premier, comme dans la grille vue plus haut : indice 30 au minimum jusqu’à 7, indice 50 au minimum au-delà, avec un produit qui couvre aussi les UVA.

Aucun des deux chiffres ne fixe une durée d’exposition autorisée. Une crème étalée en couche trop fine ou oubliée après la baignade protège moins que ce qu’annonce l’étiquette, et s’en servir pour rester plus longtemps au soleil va à l’encontre des recommandations de prévention.

Bronzage et vitamine D : ce que l’indice ne promet pas

Aucune valeur de l’indice n’est « bonne pour bronzer ». Le hâle est une barrière, partielle, que la peau fabrique pour tenter de se protéger après une agression par les ultraviolets : le teint doré signale un dommage déjà subi. Autobronzants et compléments alimentaires colorent le teint sans apporter la moindre protection contre le soleil.

La vitamine D ne justifie pas davantage de rechercher un indice élevé. D’avril à septembre, l’institut cité plus haut juge suffisant d’exposer mains, avant-bras et visage de 5 à 10 minutes pour les peaux claires, de 15 à 30 minutes pour les peaux foncées ou noires, en complément d’une alimentation diversifiée. Ces durées brèves se placent sans peine hors des heures où l’indice culmine.

Prochain réflexe à prendre : consulter l’indice UV prévu pour le lieu exact de la sortie, la veille ou le matin, puis caler l’horaire, la tenue et la crème sur le palier annoncé. Dès 8, déplacer l’activité vers le début de matinée ou la fin d’après-midi reste le geste qui protège le plus.